4078 kilomètres. C’est ce que j’ai parcouru en un peu plus
de deux semaines. C’est sûr que ça a l’air beaucoup (ce l’est sans doute...),
mais j’ai pris deux jours pour me rendre à Chicago, puis deux jours pour
revenir de Détroit, chaque fois avec une journée qui rend les fesses plates. Prix de l'essence? Pas si pire. À la fin, ça ne me coutait pas 50$ pour faire le plein (autour de 10 gallons américains) alors qu'ici, avant de partir, j'ai fait des pleins à 80$... ce qui me faisait dire: «Je viens-tu de mettre 80 piasses de gaz dans une Mazda 3, moi, là?»
Ne pas avoir Azarius m’a obligé à coucher ailleurs (je sais qu’il va me le pardonner!) Alors, tant qu’à aller à l’hôtel, j’ai fréquenté des Airbnb. J’ai déjà dit que, en principe, j’aime la formule: on part de chez soi et on laisse la maison ou l’appartement à des inconnus. C’est le même principe que les échanges de maison que je fais avec bonheur depuis tant d’années: pendant que je suis chez des étranges, ces mêmes étranges sont chez moi. Un genre de «je te gratte le dos, tu me grattes le dos». Mais, Airbnb a été déviargé de son sens premier (comme Uber et autres patentes du genre). Maintenant, des gens qui possèdent des logements les retirent du marché locatif (pour des locataires à long terme) pour en faire des logements à louer sur Airbnb, beaucoup plus rentables, financièrement. C’est ça qui me gosse solide. Je ne sais pas comment se porte le marché locatif à Bay City (y a-t-il pénurie?), mais Donald avait un immeuble de 11 logements, tous offerts sur Airbnb. De toute évidence, il en fait le commerce. Mais est-ce que ces 11 logements pourraient être utiles à des Bay Cityens (ou des Bay Cityois) qui cherchent à se loger? En quatre nuits, j’ai probablement payé pas loin de ce que couterait le logement pour un mois complet. C’est diablement rentable, quand on y pense. Je pense à d’autres logements, plus grands, qui attirent plusieurs personnes dans un même logement et où on fait la fête, au détriment des gens qui habitent vraiment dans l’édifice ou dans le quartier. Ça met une pression indue sur le monde ordinaire, je pense.
Bon, tout cela étant dit, j’ai pilé sur mes valeurs et je me suis pris trois Airbnb pour ce séjour.
Des trois endroits que j’ai fréquenté, c’est celui de Chicago
qui était le plus intéressant. Grand, éclairé. Mais il manquait de tables! Un
dessus de meuble dans l’entrée pour déposer les clés, un petit pupitre dans le
salon qui tournait le dos à tout (je l’ai reviré pour qu’il fasse face à la
télé et à l’appartement), pas de table ou de meuble dans la chambre pour
déposer le linge sorti de la valise (j’aurais mis un meuble à la place du divan
dans la chambre) et pas de table... dans la cuisine alors qu’il y avait de la
place pour une petite table au centre. Il y avait une table dans la petite
pièce à l’arrière, mais comme la table là était trop grande, les deux chaises
étaient du même côté et faisaient face au mur. Perso, manger et travailler à l’ordi
dos au reste de l'apparte et face à un mur, très peu pour moi. Ça manquait «d’organisation»
pour recevoir le monde. Je l'ai dit à Erin qui était très contente de mon commentaire; ça a l'air que personne n'en avait parlé avant...
Heureusement qu’il y avait un stationnement le long de la maison,
parce qu’on ne pouvait pas stationner sur la rue pendant le jour. C’était aussi
un peu trop loin du train (15 minutes de marche) pour être agréable. Dans l’absolu,
si on va travailler, ça va de marcher 30 minutes par jour. Mais quand on passe
la journée à visiter et à marcher à Chicago, les 15 minutes de marche, au retour
à la maison, sont de trop dans la journée...
Évidemment, les appartements plus près du centre-ville sont
plus chers, c’est pour ça que je me suis expatriée en banlieue. Cinquante
minutes de train, c’était correct. C’est vraiment les 15 minutes de marche qui
m’ont achevé... le premier soir. Parce qu’après, je suis partie en voiture que
j’ai stationné plus près de la gare de train!
J’aurais pu – mais ce n’était pas une question importante – être
« de ce côté-ci » de Chicago. Quand je suis arrivée, le mardi soir, j’ai
dû traverser Chicago au complet parce que j’étais de l’autre côté de la ville.
Et quand je suis partie, le lundi matin, j’ai dû retraverser Chicago parce que
je revenais sur mes pas. Comme si j’avais pris un appartement à Pointe-aux-Trembles,
alors que j’arrivais par Toronto et que je repartais par Toronto. Dans ces
conditions, tu prends un appartement à Lachine! Ben, même affaire à Chicago.
Mais c’est beau, Chicago, même pogné dans le trafic.
L’appartement à Bay City était bien situé (en plein centre-ville sur la rue Center, devenue piétonne pour l’été). Malgré les interdictions de stationner, c'était stationnable! Donald m'avait dit que la ville n'a pas d'employés pour venir donner des contraventions, alors les limites de 2h ou de 4h ne s'appliquent pas! Comme la ville n’est pas très grosse, ça allait: la partie piétonne faisait 4 coins de rues. Il y avait des restos sur la rue, c’était bruyant mais supportable. L’appartement était chouette, drôlement divisé. En fait, il n’y avait pas de fenêtre dans la grande chambre (donc plus calme). Au Québec, on n’a pas le droit d’avoir une chambre sans fenêtre. J’aurais aimé dormir sans la climatisation (il faisait 14 la nuit), mais à cause des restos en bas, c’était bruyant... et sans fenêtre dans la chambre, il faisait chaud. Étrange.
Dans chaque appartement, j’essaie de voir comment je m’organiserais si j’avais à vivre toujours à cet endroit. À Chicago, j’aurais fait mon bureau dans la chambre, j’aurais mis mon lit dans la petite pièce du fond (où il y avait la table) et j’aurais mis une table dans la cuisine. À Bay City, j’étais embêtée... jusqu’à ce que je me dise que je mettrais mon bureau dans le salon (ça m’obligerait à le ramasser perpétuellement!) parce que je ne pouvais pas envisager de mettre ni la chambre ni le bureau dans une pièce sans fenêtre.
La chambre à Ann Arbor était tout à fait correcte, mais il manquait de table (c’est un fléau!) et le lit était peu confortable. En fait, dans les trois appartements, j’ai eu un matelas de mousse. Je commence à penser à m’en procurer un parce que j’ai bien dormi là-dessus. Mais le lit de Ann Arbor était trop bas. Ça me faisait penser à mon adolescence où on mettait le box et le matelas directement par terre. J’ai passé l’âge pour ça! Ça rendait le lever du corps, le matin, un peu pénible parce que le lit était trop bas... L’étrangeté de cette chambre, c’est qu’il fallait entrer par le garage. Moi qui essaie d’être discrète (je rentre toujours ben chez des inconnus qui me prêtent leur chambre de sous-sol), c’est un peu raté quand il faut ouvrir la porte du garage! Ben coudon.
L’hôtel à Détroit (une nuit dans un Holiday Inn) était tout à fait correct: plancher de bois flottant, frigo, microonde, cafetière. J’aurais quasiment pu m’installer là. Un genre de studio, finalement. Pis pas si cher. En tout cas, moins cher qu’un appartement Airbnb.
L’hôtel à Oswego (deux nuits dans un Best Western) était correct: plancher de tapis (moins le fonne), mais vue sur la rivière, le lac Ontario et le port, avec un balcon. Pour lire, c'était génial. Globalement, moins confortable et plus cher que le Holiday Inn de Détroit.
Dans les deux cas, le déjeuner était compris, mais se terminait trop tôt (c'est quoi l'idée de finir les déjeuners à 9h, pendant les vacances?). Finalement, question finance, en trainant un peu de vaisselle et en mangeant du stock froid (genre pâté et fromage, et céréales le matin), ça aurait été beaucoup moins cher de faire le voyage seulement en me logeant dans des hôtels. Ouan. Mais c’est plus agréable d’être dans un appartement qu’être à l’hôtel. Alors, je choisis quoi? Le confort ou le compte en banque? Je n’ai plus l’énergie pour changer de place à tous les jours. Ce qui fait que les dodos organisés, c’était correct. Et le constat le plus évident, c’est qu’Azarius m’a terriblement manqué.
Constat peut-être américain: tous les appartements et toutes
les chambres d’hôtel étaient des frigos, l’air climatisé dans le tapis! Chaque fois, j'ai monté ça. Chez moi, je garde la clim à 22-23. Dans mes fréquentations, c'était généralement à 15. On gèle, à 15!
J'ai aussi fait du recyclage... en ne sachant pas ce que ça allait donner. Au moins, je me suis donné bonne conscience. Quand je quittais l'appart, j'écrivais à mon hôte pour le lui dire: «Il y a un sac de Target avec du recyclage...» Ils m'ont tous remercié. Peut-être que ça va leur donner des idées.
Comme j'ai l'habitude des échanges de maison, j'ai fait un «Guide de maison» pour que mes échangistes sachent comment fonctionnent les différents appareils et quand sortir les poubelles, le recyclage et le compost. Je pense que certains Airbnb gagneraient à avoir des informations un peu plus détaillées (je pense, entre autres, à comment sortir du garage... Eh que je me suis grattée la tête et que j'ai regardé sur tous les murs près de la porte pour sortir de là, jusqu'à ce que je voie une petite lumière, à l'opposé de la porte de garage, près de la porte qui menait à ma chambre. J'ai osé peser sur cette petite lumière... en me demandant bien ce qui allait se passer: explosion, système d'alarme, lumière... mais c'était, effectivement, pour ouvrir la porte de garage de l'intérieur! Eurêka!)
J’ai été contente de voir Chicago. Ça avait été sur mon plan de road trip en 2011. Mais comme je m’étais étirée avant (entre autres en allant voir Philippe à Yellowknife), je n’avais pas eu le temps d’arrêter. Je m’étais dit, à l’époque, que Chicago, ce n’était pas si loin. C’est vrai.
Je suis contente d’avoir pu prendre du temps pour voir André et bébé Gabrielle. Disons que ce n’était pas prévu que ça se passe comme ça, mais le plus important est que lui et Anne-Catherine prennent soin d’eux, de bébé Gabrielle qui était à l’hôpital de Ann Arbor et de Laurie. À travers ça, je n’ai pas eu la chance de voir Anne-Catherine: elle était à Ann Arbor quand j’étais à Midland, et elle était à Midland quand j’étais à Ann Arbor. Mais j’étais heureuse d’avoir pu jaser avec mon Fisse. Notre dernière jase – en vrai – datait d’avant la pandémie, quand ils étaient encore à Boston.
Si ma semaine à Chicago a été bien remplie (j’aurais pu encore y passer une autre semaine), la deuxième semaine a été plus lousse. J’ai passé une journée entière dans l’appartement de Bay City, à taponner sur mes photos, avant de sortir souper. J’ai fait la même chose à Oswego. En plus de prendre le temps de lire. Je fais ça aussi avec Azarius: je m’installe quelque part de beau et je lis. Parce que c’est aussi ça, les vacances. Prendre le temps de ne rien faire. Bon, lire, ce n’est pas rien faire, mais c’est plus reposant que de marcher à la découverte de tout. Avec l’âge (peut-être que je m’assagis???), je sais que j’atteins une certaine saturation à visiter des trucs dans une journée ou après quelques jours. Si j’étais restée à Chicago une semaine de plus, par exemple, je sais que j’aurais pris une journée à ne rien faire à l’appartement ou dans un Starbucks (parce que les Starbucks pullulent).
Bon, c’est ça. C’est fini. C’est court, hein, deux semaines?
Vous pouvez retourner sur le blogue principal pour continuer à lire mes aventures. Il reste encore quelques jours de vraies vacances. Et après, sans doute, quelques épivardages (ou épivardements?) ici et là, tout l’automne.
Et n’oubliez pas qu’à compter de janvier, je suis en congé. Traitement différé. Je repartirai.