J’ai essayé de faire un genre de tour de ce que j’avais sur ma liste en cette dernière journée à Chicago. Des bouts en train de banlieue, des bouts en autobus, des bouts en métro. D’ailleurs, dans le métro, j’aime beaucoup le nom de l’endroit où on vient reconduire des passagers: le kiss’n’ride, en référence au park’n’ride.
J’ai erré dans la section de Astor Street. Ça disait que c’était plein de belles maisons. C’est vrai. Pis j'ai erré dans le loop.
J’ai mangé une Pizza Pan. Ça a l’air que ça a été inventé à Chicago. Ici, ils appellent ça la deep dish pizza. Tant qu’à moi, z’auraient pu laisser faire, les Chicagolais (?), Chicagois (?), Chicagiens (?). Le restaurant UNO se targue d’être le premier à en avoir servi. Alors, comme c’est une institution, j’y suis allée. C’est ça.
J’ai fréquenté le Musée des écrivains américains. Quel musée intéressant… qui, encore une fois, me montre l’état de mes non-connaissances. Oui, je connais des noms d’écrivains américains, quelques-unes de leurs œuvres, mais pas tant que ça, finalement. Évidemment, devant tout, John Steinbeck et Les Raisins de la colère (je vous rappelle que j’ai même enregistré une émission à Aujourd’hui l’histoire, à Radio-Canada, sur le roman). J’ai lu quelques œuvres sur l’histoire de l’esclavage. Évidemment, l’exceptionnel Maus d’Art Spiegelman. Comme chaque fois que je ressors d’un musée, je me dis que je devrais m’y mettre… et ça me passe, parce que trop de choses m’intéressent et je continue à butiner.
Le musée demande au visiteur d’ouvrir des cases, lever des portes, toucher des écrans. Au fond, des dactylos pour rappeler au bon peuple que les écrivains ont longtemps utilisé cet instrument de torture. Alors, je me suis amusée à taper à la dactylo, comme dans le bon vieux temps. C’était très drôle: une femme de mon âge était là avec sa fille de 20 ans qui avait AUCUNE idée comment ça marchait, cette bête-là. Aucune idée comment y insérer une feuille. Comment taper pas trop vite. Comment déjammer les marteaux quand on tape trop vite. Comment arrêter de taper quand ça sonne parce qu’il ne reste que 5 frappes à ce moment-là. Comment savoir couper un mot avec un trait d’union parce qu’on n’a pas l’espace pour écrire le mot au complet. Comment ramener le chariot au début pour commencer une autre ligne. Fascinant, je vous dis. J’ai écrit une feuille complète… en pensant qu’avant de partir, j’ai écrit 285 pages d’un rapport de recherche à l’ordinateur. On ne reviendrait vraiment plus en arrière. Mais ça me rappelait quand même ma 4e secondaire, à l’école Louise-Trichet, où les filles qui ne voulaient pas faire de sciences faisaient de la dactylo… (partez-moi pas sur le fait que les sciences humaines sont souvent dénigrées…)
Parce que j’avais envie de faire un tour de métro, je me suis dit que je pourrais aller visiter l’aéroport Midway, le 2e aéroport de la ville. Bon, ils se donnent du pompeux «international airport», pis en lisant la liste des départs, il n’y a qu’un vol pour Guadalajara au Mexique et un autre pour Toronto, ce qui rend l’aéroport international. C’est mince, je trouve. Et là, vous vous demandez s’il y a des restaurants et des boutiques avant de passer la sécurité? Ben pas pantoute!!! Un seul petit café de rien, avec pas de chaises. Faque je suis revenue en ville par la ligne orange du métro qui est toujours à l’extérieur. Mon (presque) plaisir de voir un aéroport a été concurrencé par la laideur des paysages parcourus. J’imagine qu’il y a des bouttes de la ville plus beaux, mais là, la ligne orange, c’est laitte. Ça traverse beaucoup de zones industrielles, mettons.
En tout cas, je peux dire que les 5 piasses que mon billet quotidien m’a couté a été très très rentable aujourd’hui!
Je n’en reviens toujours pas qu’en 2022, au resto (peut-être ailleurs, mais je l’ai vécu au resto), on nous remette une facture à signer en payant avec une carte de crédit. Voyons donc, signer! C’est tellement… 1990.
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